Comment évoluer dans une autre culture?

La culture se définit comme tout comportement acquis socialement, comme l’ensemble des traits matériels ou non, transmis d’une génération à l’autre. Un enfant indien élevé en France apprend le français et le parle avec l’accent de la région où il vit ; la langue et l’accent sont des éléments culturels. A l’inverse, l’instinct maternel, la tétée chez le nourrisson sont innés.

La culture est un facteur qui unit : Les individus d’une même culture se reconnaissent entre eux comme faisant partie du même groupe (on se souvient du « sibboleth » en Jg 12.6). Entrer dans une nouvelle culture exige donc une adaptation certaine.
Les habitudes culturelles ont souvent un but ou une cause réels (protection de la société, meilleure productivité, survie ) ou imaginaire, sans contenu effectif . Il est donc nécessaire d’en analyser les raisons pour les comprendre.
Il y n’a pas de culture universelle : certaines cultures estiment être bien, ce que d’autres méprisent (ex.: la différence d’appréciation entre le petit-déjeuner anglais et français).
Une même culture évolue dans le temps : observez la coiffure et le vêtement de 1900 à 2000. La question suivante se pose alors :

TOUTE CULTURE EST-ELLE ALORS BONNE EN SON LIEU ET EN SON TEMPS ?
Certains prônent un relativisme culturel : aucune coutume ne serait mauvaise en soi ; ce qui est bon ailleurs pourrait être transposé chez soi, ou l’inverse. Cela supposerait un fond de bonté et de justice inné en l’homme comme le proposait J.-J. Rousseau. La Bible enseigne que toute culture humaine est l’expression collective de la mentalité d’un groupe d’hommes pécheurs : aucune culture ne peut donc prétendre posséder une valeur absolue aux yeux de Dieu. Une culture contient des éléments bons ou mauvais sur le plan moral ou cultuel. « La culture doit toujours être vérifiée et jugée par l’Ecriture. »
Certains tendent vers un relativisme destructeur et permissif qui n’est que la négation de la distinction biblique entre le bien et le mal, ou vers un syncrétisme religieux mélangeant christianisme et paganisme, qui enlève sa force au message de l’Evangile.

ATTITUDES
Quelques qualités sont indispensables pour aborder une nouvelle culture :

  • Une juste connaissance de soi-même, et l’acceptation de ce que l’on est, avec ses forces et ses faiblesses.
  • De l’humilité : un esprit de jugement et de supériorité, une tendance au traditionalisme, une trop haute idée de sa propre culture, de ses propres valeurs, sont autant d’obstacles à une juste compréhension d’une nouvelle culture. Une conviction spirituelle rigide et intolérante, une lecture littérale et étroite de certains textes bibliques, peuvent aussi conduire à une attitude fermée qui empêche une bonne intégration du missionnaire.
  • Une observation patiente et persévérante du nouvel environnement matériel, humain, religieux, avec un esprit d’ouverture, une saine curiosité, ainsi que la capacité d’écouter pour apprendre, sans inonder l’autre de ses propres expériences : « chez nous, on fait comme ça… »
  • Un sentiment de sécurité, parce que l’on sait soi-même en qui l’on croit, et ce que l’on croit (2 Tm 1.12).
  • Un bon équilibre : un enthousiasme irréfléchi peut être un piège tout autant que la crainte et le repli sur soi. Après quelques semaines « d’enchantement », vient le temps des « pourquoi »… La maîtrise de soi, le calme et la confiance, l’appui sur le Seigneur, seront des facteurs de succès. Il faut savoir accepter de l’aide, ne pas avoir honte de recourir aux conseils d’un aîné, autochtone ou expatrié.

La réussite d’une transplantation culturelle dépend tout d’abord de l’attitude initiale de l’expatrié. Le missionnaire doit avoir les yeux d’un ethnologue qui observe avant de juger, en même temps que ceux d’un chrétien attaché intelligemment à l’Ecriture. Il faut essayer de saisir les motivations, les significations cachées, les idées qui orientent un comportement, mais sans oublier que sa propre culture agit comme des lunettes de couleur : elle influe sur la façon de « voir », de comprendre et d’évaluer… o J.-P. B.