Les Évangéliques en Espagne

Un peu d’histoire pour comprendre: Rejet officiel et mépris social.
La constitution de 1869 reconnaissait la liberté religieuse en Espagne pour les étrangers et aussi pour les espagnols qui professaient une autre religion que la catholique. Un énorme pas est fait si on la compare à la précédente élaborée 57 ans plus tôt (1812) qui disait : « La religion de la nation espagnole est, et sera à perpétuité, la religion catholique apostolique et romaine, l’unique véritable religion. La nation protège par des lois sages et justes et interdit l’exercice de tout autre religion ».

Mais il ne fallait pas se réjouir si tôt. Sept ans après, la Constitution de 1876 donnait pour finie la liberté religieuse et ne reconnaissait qu’une tolérance restreinte. C’est au cours de ces 7 ans que repris la proclamation de l’Évangile en Espagne. Un siècle devait s’écouler avant que l’on puisse parler de véritable liberté religieuse. Il n’y eu qu’une autre parenthèse qui dura aussi à peu près 7 ans (1931-1939. La république) où il y eu aussi une liberté religieuse. Pour cette raison, «il n’y a pas eu en Espagne de seconde réforme, mais une volonté extérieure et une réponse intérieure pour continuer l’expansion protestante, avec toutefois une attente de 350 ans» (Juan Solé). On calcule qu’il y avait environ 6000 évangéliques en Espagne en 1932.

La guerre «incivile» (1936-1939) a déchiré l’Espagne en deux. Franco a imposé son «nacional catolicismo» pendant 40 ans, ce qui a impliqué, pour une autre période de 7 ans (1939-1945), la fermeture des églises évangéliques existantes et la clandestinité. De temps en temps, la police venait dans les maisons où se déroulaient les cultes clandestins, prenait les noms des participants qui recevaient plus tard une amende, quand ils n’étaient pas tous envoyés au commissariat. Toutefois, en six ans et malgré l’énorme pression, les membres des Assemblées avaient augmenté de 100%.
1945 fut aussi l’année d’une libération, mais bien relative. On toléra par exemple le 12 août la réouverture des 3 assemblées qui existaient à Barcelone avant 1936 (au total entre 400 et 500 membres). Suivirent 30 ans de mépris social, mais malgré tout, l’église s’est agrandie. On recense 20 000 évangéliques en 1963.
1975-2010: 35 ans de liberté.

Depuis 1978, l’Espagne n’est plus un Etat confessionnel (catholique), deux ans plus tard la Liberté Religieuse fut promulguée, et en 1992, ont été approuvé au Parlement et au Sénat les accords entre l’Etat et les groupements (entités) religieux évangéliques qui forment la FEREDE (Fédération des (Entités) Groupements Religieux Evangélique D’Espagne). L’Espagne n’avait jamais connu une liberté religieuse aussi grande et prolongée. Par exemple, la deuxième chaine nationale présente un quart d’heure par semaine le dimanche à 9h30 un bon programme évangélique (suivi d’un quart d’heure du programme du Judaïsme et d’un autre de l’Islam). L’évangile est aussi annoncé par les ondes et peut entrer dans les hôpitaux et les prisons (avec l’accréditation préalable). Il peut même s’expliquer à l’école quand les conditions le permettent (nombre suffisant de demande pour le cours de «religion évangélique», présence de professeurs accrédités pour l’enseigner) à côté des 3 autres alternatives: religion catholique, juive, et musulmane.

Un peu comme en France: Toutefois, les espagnols ont cessés d’être religieux, beaucoup sont agnostiques et dans la pratique semblables aux athées. Ils ne prennent pas en compte Dieu dans leur vie quotidienne et le religieux est relégué au niveau folklorique des festivités traditionnelles (curieusement on assiste à leur retour avec le post-modernisme). Nous vivons dans une société sécularisée. Les sectes ont proliféré et prédomine en Espagne la culture hédoniste, une société matérialiste et de consommation.

Le bébé du christianisme jeté avec l’eau marâtre du bain pseudo-chrétien: La société espagnole a une réaction négative envers Dieu et Sa Parole, qu’elle ne connait pas, et pire encore, qu’elle manipule et tord à volonté. Toute une génération qui a mal vécu l’endoctrinement pseudo-chrétien (une bonne part des centres d’enseignement a été, et reste encore, dans les mains de prêtres et de religieuses catholiques) a une idée bien fausse de l’Évangile. Les nouvelles générations sont ignorantes du contenu de la Bible et l’assimilent à un moralisme. Il y a peu de conversions parmi les espagnols, et la manière la plus efficace est par le biais des amitiés proches.

Ces 35 années de liberté, les évangéliques ne sont pas restés les bras croisés (même si beaucoup se disent que l’on n’en profite pas assez). On en recense 36 000 en 1980 et 89 000 en ‘90, mais ils sont une petite minorité, leur nombre aujourd’hui ne dépasse pas les 100 000, dont la moitié sont gitans (un quart des 180 000 gitans espagnols sont évangéliques), pour une population de 46 millions. On compte quelques 200 Assemblées de Frères qui totalisent 12000 membres environ (en France 130 ? / 8000 ?). Il reste 620 villes où villages de plus de 5 000 habitants sans témoignage évangélique.

Des nouveaux venus: Les dix dernières années un mouvement d’immigration sans précédent à fait passer le nombre d’étrangers résidents de 2% en l’an 2000 a 12% dans l’actualité. Certains sont déjà évangéliques (quelques églises ethniques se sont formées dans les grandes villes), d’autres sont aussi un défi pour l’Evangélisation.
L’Espagne est un pays à évangéliser.